Une alimentation bonne pour la planète

La chaine agro-alimentaire a un impact important sur le sol, l’eau, l’air, le climat : elle est responsable de plus de 25% des émissions de CO2.

L’agriculture dite conventionnelle, c’est-à-dire l’agriculture avec une approche mécanisée et chimique, principalement mono-culture sur de vastes étendues, aujourd’hui largement dominante, de la sélection des semences à l’utilisation de tous les produits en “cides” (pesticides, …) n’est pas durable. Après avoir évoqué le sujet de notre santé, nous allons aborder le sujet de la santé de la planète. Il y a la pollution de l’air et de l’eau. Il y a la fonte des sols. Oui j’ai bien écrit des sols. Et le réchauffement climatique. Et la réduction drastique de la biodiversité.

La planète a perdu en 30 ans, 1/3 de ses terres arables et continue à perdre de manière accélérée sa fertilité chaque année. (David Pimentel – Cornell University New-York)

On connaît pourtant un ensemble de pratiques agricoles résilientes et pérennes regroupées sous le terme d’Agro-écologie

« Si on généralise l’agro-écologie sur la planète, en dix ans on double la production alimentaire des nations, en réduisant la pauvreté rurale et en apportant des solutions au changement climatique » (Olivier de Schutter, rapporteur ONU)

 “À l’issue de trente ans de recherche comparative – la plus longue expérimentation de ce type jamais entreprise aux États-Unis –, évaluant côte à côte divers systèmes de production agricoles, le Rodale Institute a démontré que l’agriculture biologique est mieux équipée que l’agriculture chimique pour nourrir l’humanité. « La caractéristique d’un système véritablement soutenable est sa capacité de se régénérer. La clé d’une agriculture soutenable est un sol sain. L’agriculture biologique est, de loin, supérieure aux systèmes conventionnels quand il s’agit de construire, entretenir et renouveler la santé des sols. Pour la seule santé du sol, l’agriculture biologique s’avère plus soutenable. Lorsque l’on considère également les rendements, la viabilité économique, la consommation d’énergie et la santé humaine, elle apparaît clairement comme tout à fait soutenable alors que les pratiques conventionnelles actuelles ne le sont pas. » Généraliser des pratiques culturales ne dégradant plus les sols mais contribuant, au contraire, à les restaurer demande de poser un autre regard sur la fonction de l’agriculture : non seulement source de nourriture et de revenus à court terme, mais coopération intelligente avec un écosystème. Ce que font nombre de méthodes culturales (agro-écologie, permaculture, biodynamie, agroforesterie, etc.), illustrant la diversité des traditions et des démarches respectueuses de la nature et de la santé. Mais, comme le rappelle Vincent Tardieu, « sans un bouleversement parallèle des structures professionnelles, des marchés, du modèle de consommation dominant et de l’organisation des territoires, ces agro-écologies demeureront des “niches commerciales ».”

de « Made in local » par Raphaël Souchier, dans Chapitre 4 les systèmes locaux de nourriture

rodaleinstitute.org