Bien manger et … bien digérer

Et oui ! Bien manger, choisir des aliments bios pour se préserver de tous les insecticides, pesticides, fongicides mauvais pour nous, les cultivateurs et la planète, veiller à la composition équilibrée de son assiette, se faire plaisir, tout ça c’est important.  Très important. Essentiel. Et pourtant, tout peut être gâché par une mauvaise digestion. Notre corps est bien fait, il fonctionne à merveille, tant qu’on ne le perturbe pas trop !

Nous sommes ce que nous mangeons, et plus exactement ce que nous arrivons à digérer !

Le premier grand perturbateur de la digestion est le stress. Aussi autant que faire se peut, nous vous recommanderons toujours de veiller au cadre dans lequel vous mangez, à l’attention que vous portez à votre assiette comme aux personnes qui vous entourent.

Tout commence par la mastication. Il est recommandé de mâcher environ trente fois chaque bouchée. La mastication produit la salive qui sert à transformer une partie des aliments et aide à faire glisser le bol alimentaire vers l’estomac. Elle permet de réduire les aliments en bouillie bien imprégnée des enzymes présentes dans la salive. Saliver, ce sont les préliminaires indispensables à une bonne digestion. L’expression mettre l’eau à la bouche est fort juste : tout ce qui stimule la salivation est bon pour la digestion !

Ensuite c’est la descente par l’oesophage direction l’estomac, deuxième salle de travail. Il va sécréter des sucs gastriques, faire tourner la bouillie aussi longtemps qu’il le faudra pour que tout soit vraiment bien réduit finement. Les sucs gastriques sont acides. Autant dans la bouche quand vous mastiquez, le travail est fait par les dents et la salive et les enzymes, autant dans l’estomac il n’y a que les sucs gastriques acides. Vous commencez à mieux comprendre l’importance des préliminaires. Ils facilitent beaucoup le travail de l’estomac : ça s’appelle pré-mâcher le travail du suivant !!! Plus les morceaux seront gros dans l’estomac, plus le travail sera long.

En médecine traditionnelle chinoise, l’estomac peut être comparer à un chaudron. Alors que la médecine occidentale n’attribue pas de rôle à la rate quant à la digestion, la médecine traditionnelle chinoise la qualifie de “Patronne de la digestion et de l’appétit”, elle gère le feu digestif, elle transforme les aliments et sépare le pur qui monte vers le poumon et le coeur et l’impur qui descend vers l’intestin grêle.

Une dernière petite remarque : notre estomac a la forme d’une “petite poche de guingois” comme le dit si joliment Giulia Enders dans son merveilleux livre “Le charme discret de l’intestin”. Ca lui permet de faire habilement le tri : les liquides transitent directement du côté droit vers l’intestin grêle, tandis que les éléments solides arrivent dans la partie renflée de l’estomac où ils seront malaxés.

Alors je vous souhaite jour après jour, pour chaque repas, une bonne digestion !